2. L’Émotion Maîtrisée
2. L’Émotion Maîtrisée
6. Paysages
6. Paysages
Orelio Conti

EXPOSITION AU MUSEE MATISSE
Un beau jour, Madame de …, épouse du maire en exercice à Grasse, me téléphone : « Monsieur Conti, je suis invitée à un grand évènement artistique au Musée Matisse à Nice, et comme je ne suis pas très sûre de mon jugement, je serais très heureuse si vous pouviez m’accompagner. »
- Mais bien, sûr, je serais ravi de vous accompagner et d’assister à cet évènement.
Le jour J, nous partons, accompagnés d’une de ses amis. C’est un événement qui aura des répercussions dans le monde entier et les plus grandes personnalités de plusieurs pays seront présentes.
Nous arrivons : la foule. Je vous présente la comtesse x, le baron de …, le conservateur, le directeur, la princesse… Baises-mains et sourire contractés. Car ces mondanités ne m’empêchent pas de donner un coup d’œil en direction du musée. Et je crois rêver en apercevant d’énormes blocs de béton, de ferrailles. Mon Dieu, où me suis-je fourré ?
Mais il faut rentrer dans l’immense salle de conférence. On y est poussé malgré soi, malgré soi on se retrouve au milieu d’une rangée. Je me dis : « comment vais-je pouvoir sortir avec tout ce monde ? » Certains ne peuvent pas rentrer et s’agglutinent aux portes de la salle.
Mais tous ces gens en grande tenues sont munis d’appareils sophistiqués cameras, tablettes d’enregistrement, blocs notes et j’en oublie.
Mais très vite le vaste écran s’allume au fond de la salle. Le conférencier se présente. « Mesdames et Messieurs, j’ai l’honneur de vous … » et la projection commence.
On voit apparaitre une immense grue qui soulève un gros bloc de béton, le positionne. Puis, une énorme ferraille qu’il encastre dans un trou du bloc. Et bla bla bla. Je n’entends plus qu’une sonorisation stridente.
Je me sens mal. Au bout d’un moment, mon cœur bat la chamade, car je ne peux ni voir ni en entendre davantage.
Excusez-moi Madame De …, je ne me sens pas bien, je dois sortir. Je me lève. Je dois traverser la moitié de la rangée, ce qui oblige les assistants à se lever pour me laisser passer.
La conférence s’arrête, la projection aussi, et tous les yeux sont braqués sur moi.
L’allée centrale. Je titube vers la sortie. Aussitôt, je sens une présence derrière moi. Un gorille me suit. Près de la sortie, j’aperçois mon ami Simon. Professeur d’histoire de l’art depuis 30 ans dans un lycée de Nice, que j’avais pris soin d’avertir de l’événement.
Je m’accroche à lui. « Tu restes regarder ça ? »
« Je veux regarder jusqu’au bout » me dit-il.
Dans le parc, le gorille me suit et s’assoit non loin de moi.
Je respire profondément, pour calmer ma déception, ma rage et le désarroi dans lequel je m’étais fourré. Je marche un peu plus loin dans le parc, mais pas trop car le gorille ne me quitte pas des yeux.
Enfin, au bout d’un long moment qui me semble eternel le mouvement de la foule restée dans l’embrasure des portes m’indique la fin de cette incroyable escroquerie. Que vais-je dire à Madame De … ?
Madame de vient rapidement vers moi. Que vous est-il arrivé ? J’hésite. Et presque en tremblant « Il faut que je vous dise la vérité. Je considère cet évènement comme une énorme escroquerie ». Incrédule, elle me répond : « Ah bon ? Pourtant, tout ce monde au sommet de la société n’en fait que des éloges ».
Je sent jaillir un cri en moi : « ce ne sont que des ignorants ! ». Mais ce cri s’étouffe dans ma gorge. Enfin, mon ami Simon nous rejoint. Je le présente. Alors Madame De … lui demande : « Et vous, professeur, que pensez-vous de cet événement ? ». Devant ses yeux incrédules, il lui répond : « C’est comme si je vous disais que les marches que nous gravissons en ce moment représentent l’échelle de Jacob ». La main courante, ce sont les anges qui nous conduisent vers le paradis. Et l’osso bucco au sommet de la ferraille représente le Saint Esprit . Incrédule et visiblement furieuse, Madame De … nous regarde d’un œil ___. Son amie intervient alors: « je crois que nous devrions rentrer. »
Le retour dans un silence lourd et assourdissant.
Je suis très mal a l'aise .J'imagine les pensées de Mme de, « J'ai commis une grosse erreur en invitant Monsieur Conti. »
Enfin elle me dépose devant mon portail,soulage de prendre congé.
Deux mois plus tard, un grand titre dans le journal Nice matin attire mon regard, « Le conservateur du Musée Matisse vient d’être limogé par la famille Matisse ». Fin de l’épisode, Ouf. ! Je respire.
LA CHAPELLE DE L’OBSERVANCE À DRAGUIGNAN SACCAGÉE PAR UN COLLECTIF DE D’ARTISTES PLASTICIENS – PUNKS À CHIENS, VANDALS ET STREET-ARTISTES, LOINTAINS DESCENDANTS BÂTARDS DE MARCEL DUCHAMP
18/10/2024 NICOLE CAUSE ! Comments (1)
La Chapelle de l’Observance accueille l’exposition Polis, du collectif Rose Selavy Cøllective, jusqu’au 25 janvier.
Rose Selavy Cøllective est un collectif d’artistes et de graffeurs qui ont fait le choix de rester anonymes dans le but de produire des œuvres à contre-courant du travail artistique pour lequel ils sont connus.
« Dans un monde en perpétuelle mutation, les frontières physiques et mentales se brouillent, révélant les dysfonctionnements de notre relation avec l’environnement qui nous entoure. L’exposition explore ces frontières invisibles à travers une diversité de mediums artistiques, allant de la peinture à la sculpture en passant par l’installation. …Elle invite le spectateur à s’interroger et réfléchir aux notions d’appartenance, de liberté et de pouvoir… et pas que… » Gniark ! Gniark !
Le vernissage de ce jeudi 10 octobre s’est déroulé en grandes pompes en présence de Richard Strambio, maire de Draguignan, président de Dracénie Provence Verdon agglomération, conseiller régionale Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur, de Françoise Maurice, adjointe déléguée à la Culture et des élus.
Plus d’infos :
https://www.facebook.com/profile.php?id=100084054050395
Un travail du Rose Selvy collectif :
